L'Histoire de Colombes
source: maire-colombes.fr

AUX ORIGINES DU BOURG
L’étymologie de Colombes est débattue : les références tant à l’oiseau qu’aux colombages ne peuvent être étayées. Il est plus vraisemblable que le terme de columna (colonne en latin ) ait constitué une indication de ce lieu-dit.
Le hameau est au moins attesté dès le Haut Moyen-Âge : sur les hauteurs (sous l’ancien clocher), un cimetière mérovingien, dont un sarcophage est visible au musée, y a été découvert. En dépendance de l’abbaye de St-Denis depuis le XIIème siècle, le village s’étend le long de la rue y conduisant, d’où son actuelle dénomination. Plus tard, des tours de guet et des portes circonscrivent Colombes.

De ce fait, le bourg ne connaît pas de dispersement et présente un maillage dense de rues, de maisons de vignerons et de paysans regroupés autour de l’église. Des nobles et des notables issus de la bourgeoisie de robe et des finances entourent bientôt le village de domaines.
Le pont de Neuilly, construit en 1609, est-il à l’origine de ce développement ? Il est en effet contemporain de l’implantation de ces grandes propriétés.
La plus célèbre est celle de la Reine Henriette allant du cimetière ancien à l’actuelle M.J.C. jusqu’aux berges de la Seine. Fille d’Henri IV, l’épouse du roi d’Angleterre Charles Ier, déchu, se réfugie à Colombes en 1657 jusqu’à sa mort en 1669. Ecoutée de son neveu Louis XIV pour les affaires concernant l’Angleterre, elle le reçoit souvent en nos terres.

UNE URBANISATION DÈS LA FIN DU XIXème SIECLE
Le désenclavement du bourg par le Nord est plus tardif. Le pont de Bezons construit en 1811 suscite un nouvel hameau, le Petit Colombes. L’Est bénéficie à son tour du pont d’Argenteuil en 1832 et de deux stations de chemin de fer, respectivement en 1854 et 1857 (Colombes-Centre et Bois-Colombes). Le village devient une destination pour les Parisiens amateurs de pêche et de sorties de campagne. Un port de canotiers au Petit Gennevilliers attire les peintres impressionnistes comme Monet, Caillebotte, Sisley.

Puis l’habitat s’étoffe, largement pavillonnaire. Il suit le parcellaire en bande des maraîchers et confère par ses allées étroites un charme indéniable à la ville d’aujourd’hui. Malgré la sécession de Bois-Colombes en 1896 et de la Garenne en 1910, Colombes s’urbanise à grands pas atteignant déjà plus de 10 000 habitants au début du XXème siècle.

L’industrialisation ne la gagne qu’alors. De grands noms d’entreprises sont à retenir : les pneus Kléber-Colombes (anciennement Goodrich) de 1911 à 1983, l’aviation Amiot de 1917 à 1944, les téléphones Ericsson repris par Alsthom, les moteurs Gnôme englobés par la SNECMA. Des parfumeurs de renom ont aussi fait connaître Colombes : Guerlain (1854-1894), Sauzé (1913- début des années 1960), Dorin (1936 à 1985).

Une densification de l’habitat s’ensuit, avec notamment, de beaux exemples d’habitations à bon marché datant de l’entre-deux guerres en ensemble sur cour et aux jeux de couleurs et de matériaux très décoratifs. Le Bas-Colombes près de la Seine, après la maîtrise des crues grâce à des bassins de retenue en amont de Paris, accueille à partir des années 1970 des équipements majeurs pour Colombes : l’hôpital Louis Mourier, le lycée Guy de Maupassant et l’autoroute A86.

UNE VOCATION SPORTIVE PRESQUE SECULAIRE
L’Ile Marante, rattachée alors à la berge, se pare du parc Lagravère ainsi que d’un complexe sportif de taille avec piscine, tennis et patinoire, fréquentée par Philippe Candéloro, médaillé olympique et natif de notre ville.
Non loin, sur l’emplacement d’un hippodrome datant de 1883, le premier stade de France émerge avec les J.O. de 1924. Ce stade aux dimensions inégalées pour l’époque (60 000 places debout) prend le nom d’Yves du Manoir en 1929, en hommage au rugbyman prématurément décédé.

Construit par l’architecte Faure-Dujarric, il devient, jusqu’à la rénovation du Parc des Princes dans les années 1970, le théâtre des Coupes de France tant en rugby qu’en football et même de la Coupe du Monde de football en 1938.

Le Racing Club de Paris, gérant des lieux depuis sa création, vient de le céder au Conseil Général des Hauts de Seine, qui entend non seulement en faire un grand centre d’éducation sportive mais le mettre également en synergie avec le Stade de France de St-Denis. Colombes pourrait peut-être revivre de nouvelles émotions olympiques si elle pouvait s’intégrer à la candidature de Paris pour les J.O. de 2012.


La DIRECTION DU PATRIMOINE et son PÔLE ANIMATION vous invitent depuis quelques années à découvrir dans la pierre et dans le paysage ces diverses métamorphoses. Des éléments remarquables de ce bâti vont progressivement être signalés sur la Ville. Des circuits sont aussi régulièrement proposés, assortis de plaquettes-guides.

Le premier d’entre eux couvre le coeur historique, où s’ancre le vieux clocher, phare des siècles passés. Bien que remanié au XIXème s., celui-ci a gardé son style roman qu’il avait du arborer dès le XIIème s., comme le laisse à penser les fondations de l’édifice. Les vestiges Renaissance qui subsistent sont aussi des reprises du XIXème s. La démolition de l’église est une conséquence de la suprématie de la voiture nécessitant en 1968 l’élargissement du bd Valmy.
Par ailleurs, d’autres témoignages, moins monumentaux, mais tout aussi parlants, révèlent encore aujourd’hui les attaches rurales de Colombes (corps de ferme, venelles, puits, cours, porches, etc).

Nés de la Révolution, les pouvoirs publics ont aussi progressivement inscrit leur empreinte, comme le fait valoir un autre de nos circuits. Maison commune à la mansart édifiée en 1846, la première mairie est toujours visible. Mais le village s’urbanisant lui préfère en 1923 un Hôtel de ville, monument de la IIIème République au décorum prestigieux. L’école Lazare Carnot, édifiée dans le même esprit, donne aussi depuis 1889 toute sa prestance au nouveau bourg.

Un inventaire du bâti caractéristique, tant en architecture publique que privée, est en cours de constitution, avec pour objectif de le mettre à disposition du grand public. Il entend donner ainsi à voir la ville autrement et à inciter à une meilleure préservation de ce patrimoine.

Deux établissements vous donnent également la possibilité d’approcher plus directement notre histoire :

Le Musée de Colombes
Installé dans un ensemble remontant probablement au moins au XVIIIème s., ses murs, outre des salles spécialisées sur l’histoire événementielle, industrielle ou urbanistique, s’ouvrent à des expositions temporaires faisant l’objet de catalogues systématiques.
La collection picturale du musée lui permet d’initier le public à l’évolution de la peinture depuis le XVIIème s. Parmi ces oeuvres, trône un Caillebotte, du temps où les peintres sillonaient les berges de Colombes. Des ateliers en art et en histoire et des visites thématiques sont proposés aux scolaires ou à des groupes d’adultes.

Les Archives municipales
Non seulement la commune dispose d’une collection de registres paroissiaux remarquables (depuis 1626), mais elle a aussi été dépositaire des papiers de la Fabrique, instance de gestion de l’ancienne église. On peut dès lors se représenter en partie la vie des Colombiens de l’Ancien Régime à nos jours. Lieu de recherche, les Archives valorisent également leur fonds en initiant ou en collaborant à des événements culturels (expositions, conférences, animations, etc).


DES LIEUX ET DES HOMMES
Mais « s’il n’y a pas de lieux sans histoire, seulement des lieux sans historiens », pareillement un territoire ne se constitue pas sans figures notables. L’autre axe de cette mission patrimoniale est aussi de recueillir la mémoire actuelle des acteurs de la Ville par la collecte de témoignages oraux, la numérisation d’archives privées et la réalisation de reportages photographiques.

Au XVIIIème siècle, Colombes accueille un autre roi, Louis XVI, attiré par la réputation d’un parc au lieu-dit du Moulin Joly, aménagé de jardins anglo-chinois par l’éminent Claude Henri Watelet, graveur, homme de lettres et par ailleurs receveur général des finances.
Marie-Antoinette s’en serait inspirée pour le Petit Hameau de Versailles. Et nombre de célébrités de l’époque en ont parlé.

En dehors des impressionnistes, deux peintres, qui ont vécu ici, ont eu une certaine notoriété au XIXème s. Théodule Ribot, avec sa palette claire-obscure dans la lignée des peintres hollandais, est exposé au Petit-Palais et au Louvre et même à Vienne et Genève. Gustave Bienvêtu, à qui on confie des décors de l’Opéra Comique de Paris, nous fascine encore par la fraîcheur de ses compositions florales.

Puis, au siècle suivant, deux figures liées à la modernité de leur temps ont fait parler de notre ville. Jules Védrines, employé à l’usine Gnôme, devient un aviateur reconnu (1881-1919). François Faber, dit le « Géant de Colombes », domine le cyclisme, avant sa mort prématurée sur le front en 1915.